Histoires Jeune Garcon Gay -
Raphaël sourit. « Moi, c'est Rimbaud. Parce qu'il parle de la liberté. »
Un mardi de pluie, le professeur de français les mit en binôme pour un exposé sur la poésie. Raphaël vint s'asseoir à côté de Léo sans un mot. Son épaule frôla celle de Léo, et Léo sentit son cœur tambouriner contre ses côtes comme un prisonnier.
Et c'était la plus belle chose qu'il avait jamais faite.
Léo avait quatorze ans et la fâcheuse habitude de regarder les garçons trop longtemps. Pas ceux de sa classe, avec leurs blagues sur le foot et leurs rires trop bruyants. Non, il regardait Raphaël, le nouveau, qui était arrivé en septembre et qui lisait des romans sous le préau. Histoires Jeune Garcon Gay
Léo ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit. Il avait peur. Peur que Raphaël devine. Dans son collège de province, on disait « pédé » comme on disait « merde ». Léo l'avait entendu cent fois dans les couloirs, craché comme une insulte.
« Léo, » dit-il doucement. « C'est toi que je regarde, moi aussi. »
« Verlaine, » répondit-il enfin, d'une voix étranglée. « Parce qu'il parle de la pluie. » Raphaël sourit
Léo posa ses lèvres sur les boucles brunes de Raphaël. Il sentit leur parfum de shampoing à la pomme. Il sut que ce moment, fragile et immense, resterait gravé en lui pour toujours. Parce qu'aimer un garçon, ce n'était pas une honte. C'était juste aimer.
Léo sentit ses yeux s'embuer. Il avait attendu ces mots sans même savoir qu'il les attendait. Ils restèrent là, immobiles, dans le rayon des classiques, et le silence n'était plus un ennemi mais un allié.
« Tu aimes quel poète ? » demanda Raphaël, en sortant un carnet couvert de stickers. » Un mardi de pluie, le professeur de
Ce jour-là, il ne se passa rien de plus. Pas de bagarre, pas de héros. Juste deux garçons qui tenaient bon sous la pluie fine de l'automne. Le soir, Raphaël vint chez Léo. Sa mère leur prépara des crêpes, sans poser de questions, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
Pendant trois semaines, ils se retrouvèrent chaque soir à la bibliothèque municipale. Sous le regard absent de la bibliothécaire, ils découpèrent des images, collèrent des vers, et peu à peu, Léo apprit des choses sur Raphaël. Qu'il avait vécu à Lyon avant. Que son père ne lui parlait plus. Que la musique l'aidait à dormir.
Le lendemain, en cours de sport, Kévin et ses deux acolytes les surprirent en train de rire ensemble sur un banc. « T'es qui, ton copain ? » ricana Kévin. « Il te suce, le nouveau ? »